D’origine russe, sa jeunesse le conduit en France, en Algérie, au Brésil et en Uruguay.
Devenu médecin chef de service hospitalier, il n’en continue pas moins une carrière de concertiste.

Alexandre Bodak avait treize ans quand il a commencé à accompagner des cours de danses et des spectacles en Uruguay avec Gala Chabelska venue de Russie pour transmettre l’enseignement de l’Ecole Russe. Il poursuit ses études à Montévidéo avec Kolisher et Éliane Richepin.
Plus tard revenu en France en 1957, il revient poursuivre ses études supérieures de piano au Conservatoire de Paris. Il suit les cours d’Eliane Richepin, de Jeanne Marie Darré, de Germaine Devèze et Pierre Sancan.

De 1957 à 1962, Alexandre Bodak prend part à de nombreux concours de piano parmi lesquels les concours Chopin à Varsovie, Marguerite Long à Paris, Chopin à Valldemosa, Maria Canals à Barcelone (3e prix) et plus récemment Milosz Magin à Paris (2e prix)
Il est lauréat de concours internationaux de Piano comme Premier prix du concours des Grands Amateurs en 1992.

Alexandre Bodak, accompagne des danseurs de caractères comme Andrée Pragane, mais aussi d’autres comme Madeleine Lytton ou encore Karin Sunke dans ses reconstructions des Valses de Brahms opus 39.
Eliane Richepin, sachant que Malkovsky cherche à remplacer sa pianiste , lui présente Alexandre. Il sera son pianiste de 1958 jusqu’à sa mort en 1982. Il écrira plusieurs airs (Inventions) pour accompagner les mouvements de la technique : Pour la Danse.
Sa connaissance et son analyse de la danse libre lui ont permis de donner plusieurs conférences sur la relation entre le mouvement et la musique. Il réalise, avec le support de Mouvement-Musique, de nombreux enregistrements pour aider l’enseignement de la danse.

Alexandre Bodak et Malkovsky
Alexandre Bodak et Malkovsky

La présence du pianiste

Après avoir été le pianiste de Malkovsky à Paris de 1957 à 1980, Alexandre Bodak accompagne le travail et les initiatives de Suzanne Bodak lors des cours et stages dans le cadre de Mouvement-Musique de 1980 à 2012.
Ensemble, nous avons entrepris une analyse des musiques jouées habituellement au studio. Personnellement j’avais envie de comprendre le lien entre la structure musicale et les subtilités gestuelles et Alexandre avait envie de faire glisser le jeu pianistique, laissé par l’accompagnatrice précédente, vers un jeu plus académique, plus respectueux des partitions. Avec le même désir de lucidité, j’ai entrepris, avec l’aide d’Alexandre, d’élucider mon apprentissage intuitif des danses, en examinant le rapport des gestes avec les mesures musicales. Les ayant toutes apprises au studio, et je savais les exécuter, mais la toile de la danse était pleine de trous. En superposant le continuum des danses aux partitions, les transitions, les accents, les phrases ont été éclaircies.

Avec l’association Mouvement – Musique, de 1985 à 2001, lors des stages au CREPS de Châtenay-Malabry, nous avons introduit un temps d’écoute et d’analyse en relation avec des mouvements de base ou des phrasés chorégraphiques.

De plus, lors de ces stages, nous préparions un thème musical avec un schéma d’organisation, pour une improvisation structurée, collective. Cette musique était étudiée pour en saisir les détails. Nous avons ainsi présenté des Extraits de Cendrillon et de la Petite Messe Solennelle de Rossini, du Requiem de Fauré, de la Cantate de Bach, de la Symphonie N°4 de Mahler.

Afin de donner un outil de travail aux élèves, nous avons conçu des disques, en introduisant de nouveaux airs, issus de la littérature musicale, avec le souci de les jouer au plus près des partitions. Une matrice était soumise aux groupes dans les cours et stages d’AMM. Puis les musiques étaient enregistrées en studio par Alexandre seul. Pour la préparation de spectacle, Alexandre posait la caméra sur le piano. Les bandes vidéos, prises pendant ces temps de travail en studio, étaient une aide précieuse pour traquer les gestes inutiles, inachevés, l’accord élan et appui, la direction spatiale du geste, la lisibilité, la précision nécessaire à une prestation dansée sur scène.

Alexandre pointait la justesse des temps de mon mouvement.

Dans un premier temps, pour mener avec plus d’exigence mon enseignement, nous avions décortiqué la réalisation de tous les exercices (mouvements de base et mouvements plus complexes) dans la relation espace – temps, gestuelle et musique à l’écoute et sur partition.
Grâce aux images filmées j’ai intégré la lisibilité indispensable à la communication.
L’interprétation ne commence qu’après la compréhension du canevas basique, support de l’esthétique et du style de Malkovsky.

Texte extrait de Dans les pas de Malkovsky de S. Bodak